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dimanche 23 mai 2010

De nomades...

Je peux enfin avoir l'ordinateur pour pouvoir écrire!! Ah j'exagère! Je l'ai eu tout l'après-midi (pendant qu'Aimée est allée regarder des plantes!), mais je l'ai utilisé pour planifié nos prochaines randonnées en Corse. Juste la planification, c'est toute une aventure!!! Le système de transport en commun n'est pas du tout unifié, les informations sont difficiles à trouver, souvent contradictoires. Pour touver de l'information sur le transport et les gîtes, j'avais deux guides, une brochure et Internet à ma disposition. J'ai consulté les sites de plus de dix compagnies de transport. Pourtant, il me manque encore beaucoup d'information! Faudra soit me résigner à téléphoner un peu partout, soit partir avec des points d'interrogation sur nos papiers (ce que je dois apprendre à faire même si ce n'est pas facile pour moi).

Donc, à mon tour d'écrire mes Fragments sur cette première portion de voyage.

Pour en finir avec le fameux clavier AZERTY!
Je devine que plusieurs d'entre vous n'ont rien compris à nos histoires d'AZERTY et de QWERTY... Moi aussi j'avais des points d'interrogation dans le visage la première fois qu'Aimée a utilisé ces expressions. Pourtant, j'avais déjà expérimenté ce phénomène au Sénégal. C'est qu'en Europe (au Sénégal aussi), le clavier utilisé est différent. Si vous regardez votre clavier, les six premières lettres en haut à gauche sont les lettres Q-W-E-R-T-Y. Eh bien sur les claviers ici, ces six lettres sont les suivantes: A-Z-E-R-T-Y, d'où les acronymes que vous avez vus. Essayez de taper sur un clavier différent de celui que vous avez l'habitude d'utiliser! C'est assez pénible! On a beau regarder le clavier et se concentrer, les automatismes reviennent assez vite. Aimée nous a réglé le problème en changeant la configuration de l'ordinateur. Il faut donc taper sans trop regarder le clavier...

Le transport
Entre le 16 et le 21 mai, on a fait
-6h30 d'avion Montréal-Paris
-30 min de bus Orly-Villejuif (banlieue de Paris)
-3 trajets de métro
-6h de train (Paris-Nice)
-45 min de bus (Nice-Sclos)
-45 min de bus (Sclos-Nice)
-5h de traversier (Nice-Ile Rousse)
-De nombreuses heures de marche, trop pour que je puisse compter!

Donc, en transport sans compter la marche et le temps d'attente, plus de 20 heures. Ma mère me demandait au téléphone : «Vous ne devez pas avoir le temps de vous ennuyer!» Eh bien, oui et non. Avant d'arriver à l'Ile Rousse, on était toujours en déplacement, toujours en train de faire quelque chose. Dans les déplacements, j'aime beaucoup regarder le paysage qui défile, en profiter pour voir des régions qu'on ne pourra pas explorer cette fois. Je lis, j'écris, j'écoute de la musique, on joue aux jeux qu'on a emportés avec nous (Boggle et Yum). Quand même, après 4h, je commence à avoir hâte d'arriver!! Quoique... L'arrivée dans une ville étrangère est souvent le moment le plus stressant, surtout quand on a quelque chose de prévu peu de temps après. On n'a aucun repère on ne sait pas où on va... C'est toujours un peu stressant!

Nice
L'arrivée a Nice fait partie de ces arrivées stressantes et désagréables. Il fallait trouver rapidement la gare routière pour pouvoir prendre un bus pour Sclos-de-Compte où on avait réservé dans un camping. On part du mauvais côté, on marche dans les rues bordées de magasins chics, les rues bondées de gens pressés. Il fait chaud. La circulation est dense et indisciplinée (les piétons encore plus!). Je n'aime pas les foules, je n'aime pas la chaleur, je n'aime pas ne pas être en contrôle d'une situation... bref, je n'ai pas aimé ce moment! Finalement, on a trouvé la gare et un horaire d'autobus qu'on a eu beaucoup de mal à comprendre!

Sclos-de-Compte
Drôle de nom, direz-vous! On est parties de Nice en autobus entre les montagnes. Au milieu du trajet, l'autobus s'est mis à grimper dans la montagne, sur une route en lacet. Dans ces virages à 180 degrés, l'autobus devait souvent donner du klaxon et reculer pour pouvoir passer. Dépaysant! Je vous met un exemple de google maps pour illustrer ce que je veux dire par route en lacets. Elle ne rend pas le dénivelé par contre, mais si la route a cette forme, c'est parce que ça grimpe!




On y a donc trouvé notre camping où on s'est installées. Le lendemain, on a marché jusqu'à L'Escarène, joli village dont Aimée a déjà mis une photo. Je mettrai donc une photo de la route sur laquelle on est passées (voir la ligne rouge). J'ai beaucoup aimé marcher tranquillement en prenant le temps de m'arrêter pour écouter, sentir, observer...





Exportation québécoise
Puis finalement, après un retour à Nice et une nuit en auberge de jeunesse, nous avons pris le traversier pour la Corse. J'avais bien hâte de me retrouver en mer. Mais bon... la mer, sur cet énorme bateau jaune était finalement bien loin! On est entrées dans la bateau et on s'est installées par terre, quelque part au quatrième étage (sur 11). On a mangé, Aimée a dormi un peu, on a joué au Yum... Tout à coup, j'ai entendu une musique incongrue. La-la-la la la la-la-la-la-la-la... Mais voyons! À moins que ce soit la musique qui joue à la radio, mais pourtant je ne savais pas que cette chanson avait servi à autre chose qu'à cette émission... Je m'étire le coup et je vois... Non! Qu'est-ce qui passait à l'écran sur TV5 Monde? La petite vie!!! L'épisode où Caro devient célèbre avec son rap des tarés (et où son frère Rod bégaie de façon pas crédible du tout!). Mais c'est pas le meilleur... L'émission était sous-titrée en français... de France! En voici quelques exemples:
-Tannée = Saoulée
-Cibolaque! ou baptême! = bon sang!
-Mr Net = Mr Propre
-Moumoune = homo
-Ça a pas d'allure = Ça ressemble à rien
-Niaisage = bêtises
-Mon écoeurante = Espèce de saloperie
-Magannée = Dévastée
-«Gerlot» = Taré
-Un méchant taré = méchamment taré
Nous voilà donc toutes les deux asises devant une télévision, dans un traversier où tout le personnel parle italien entre la France et la Corse à écouter une émission culte québécoise sous-titrée en français... de France. Quels hasards parfois! On devait être les deux seules à en rire et les gens qui passaient devaient nous trouver bien étranges!
Geneviève

Corsicus

Ce que je ne vous ai pas encore dit sur la traversée de vendredi, c'est qu'on a vu un petit groupe de dauphins qui s'amusaient dans les vagues créées par le bateau (parlant du bateau, c'était énorme... un monstre de bateau...) ! De petites nageoires dorsales et de jolis dos gris argenté qui roulaient dans les vagues...

Geneviève vous entretiendra avec plaisir de ce qu'on a vu sur les écrans de télé dans le navire (ha ha ha !).

Le Mega Smeralda est d'une taille totalement démesurée par rapport au port de l'Île Rousse. Geneviève a passé la réflexion que ça doit sérieusement abîmer le fond.

L'eau de la Méditerranée, ici et en milieu de journée, est d'un bleu turquoise par endroits et d'un bleu plus sombre à d'autres. L'effet est assez saisissant, même si on a plus tôt vu des photos. Le soir, les rayons du soleil glissent sur l'eau au lieu d'y plonger. Ils en rendent la surface de la portion ouest toute dorée, et le reste gris argenté. Exigez que Geneviève mette quelques photos en ligne ;)

Notre amie et hôte ici est d'une grande générosité à notre égard. Nous sommes confortablement installées dans un lotissement qui jouxte la ville de l'Île Rousse. Ce sera notre "chez nous" ici et notre point de départ pour les randonnées...

D'après le Topoguide de la Corse, l'île est la 3e plus grande de la Méditerranée et sans conteste la plus montagneuse. La ville de l'Île Rousse compte environ 2850 habitants (Routard de 2009). La petite ville, qui s'étend essentiellement le long de la mer, est située sur la côte nord-ouest de la Corse, dans la Balagne (ou "pays de Balagne"...). Les plus grosses villes de la Corse semblent être Ajaccio et Bastia. Corte, qui a entre deux et trois fois la population de l'Île Rousse, a une université. La poluation de Corte est consituée aux deux tiers d'étudiants (encore d'après le Routard).

Depuis notre arrivée en Corse, on a vu un bel oiseau de proie, qui pourrait bien être un faucon. Il volait très bas. On a bien vu son corps brun et ses taches blanches, sur la tête et le dessous des ailes. Sur des petites îles qui ont été reliées ensemble au 19e siècle, près du port, j'ai vu une sorte de corneille à dos gris (ça doit avoir un nom, mais je ne le connais pas) et quelques goélands (pas vus assez longtemps pour dire quelle sorte). Sur les mêmes îles, j'ai grimpé sur les rochers. Ce ne sont pas les mêmes que sur la plage devant la ville. Ceux de la plage étaient assez sombres et très durs, à peu près pas effrités. Ils avaient une allure de roche volcanique. Ceux des îles près du port avaient plutôt l'air de roches métamorphiques*. La roche était très dure et plutôt rousse, avec beaucoup de cristaux dont bon nombre se détachaient, rendant glissantes les montées et les descentes quand les semelles roulaient dessus. J'ai noté dans mon carnet qu'une mousse d'un jaune ocre presque doré poussait dessus. La lumière du soleil couchant faisait ressortir les ombres légères et le relief, alors que la roche lui servait d'écrin. Un petit bijou de mousse, vraiment.

La roche située près de l'eau (celle qui a donc été polie par les vagues), lorsqu'on l'isole du reste du paysage, rappelle les Badlands de l'Alberta. En marchant dessus et en me rapprochant du bord de l'eau, j'ai aperçu une petite chose rouge accrochée sur le revers d'un pan de roc qui trempait dans l'eau. Je me suis approchée du bord de l'eau, pris un drôle de position pour pouvoir y jeter un meilleur coup d'oeil, et c'est là que la bouteille d'eau qui se trouvait dans la pochette en filet sur le côté de mon sac a glissé, s'est évadée, a roulé sur la roche bien en pente et s'en est allée flotter dans les vague et commencer à s'éloigner du bord, lentement, mais sûrement. Impossible de l'atteindre avec mes mains, à partir du bord. 2 secondes pour réfléchir, le reste pour enlever mes bottes de marche, mes bas de laine et marcher vers la dite bouteille qui continuait à s'éloigner. L'eau descendait vite et le fond, tapissé d'algues et de petits coquillages durs, était glissant. J'avais de l'eau jusqu'à l'aine quand j'ai rattrapé la bouteille, à environ un mètre du bord. Ce fut ma première vraie saucette dans la Méditerranée. C'était étonnament chaud. J'y avais volontairement mis les pieds en après-midi, mais c'était très froid au début, et juste les pieds, ça ne compte pas. Jickye m'a dit que les petites choses rouges que j'avais supposé être des anémones s'appellent "tomates", ou "anémones tomates". Google m'apprend que la bestiole qui m'a inopinément fait faire ma première saucette ici s'appelle aussi actinia equina, en latin. J'irai sûrement la revoir, parce qu'elle m'intrigue, mais j'attacherai la gourde plus serré au préalable...

Cet après-midi, j'ai marché dans le Parc de Saleccia avec Jickye. J'ai fait connaissance avec plusieurs espèces de végétaux, dont beaucoup d'arbustes, beaucoup de fleurs et quelques arbres. Ça sentait bon... Promenade bien agréable, ponctuée par les courses de petits lézards dont Jickye m'a dit qu'ils sont corsicus. Mes premiers lézards.


Aimée

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Roche_m%C3%A9tamorphique