dimanche 30 mai 2010

Du balisage des sentiers

Pour faire suite au récit que Geneviève vous a fait de cette randonnée, je vous entretiendrai brièvement de la relativité du balisage des sentiers et d'autre éléments qui ont marqué, pour moi, ces 3 jours de randonnée.

Si Geneviève a été totalement charmée par la première journée, je l'ai surtout trouvée très chaude et j'ai détesté au plus haut point le passage dans les rochers (encore plus que le barbotage dans la marre bouseuse, c'est dire à quel point j'ai haï ça...). L'escalade et la grimpe, j'aime beaucoup, mais pas avec un packsac de 60 litres sur le dos... Non, vraiment pas ! La dernière fois que j'ai eu peur comme ça, c'était peut-être lorsqu'une portière de voiture s'est ouverte juste devant moi quand je roulais en vélo sur une rue très passante à Montréal... Bon... C'est pas tout à fait la même frousse, mais ça vous donne une idée de ce que j'avais dans le fond du ventre en traversant ces rochers. Si on y regarde de plus près, cette histoire de rochers est également une histoire de balisage. Régulièrement, dans les Agriates, le chemin se divise... Certaines pistes ont été crées par l'humain et d'autres sont entretenues par les bêtes qui passent. Les efforts de balisage sont le plus souvent assez misérable. Quant à suivre les cartes, encore faut-il en avoir une qui indique clairement le sentier. Les centres d'information touristique en donnent une de format carte postale. On en avait une topo (merci Jickye !), ça nous a d'ailleurs énormément aidées, mais le sentier du littoral n'y était pas indiqué clairement. Un peu avant le passage sur les rochers, le chemin s'était divisé. Comme on avait l'habitude de suivre le littoral, c'est encore ce qu'on a fait cette fois-là. Ce fut généralement une option très convenable, mais pas cette fois-là, manifestement...

La Corse fait apparemment très peu de promotion pour attirer touristes et randonneurs dans les Agriates. Le site appartient au Conservatoire du littoral. Entre les branches, on entend dire que l'absence de balisage clair et l'absence de documentation fiable et accessible sur les ressources mises à la disposition des gens qui y passent est faite pour limiter le nombre de randonneurs... C'est fort possible, mais fort désagréable aussi, sur le terrain, au moment où on en prend pleinement conscience.

Mon idée des sentiers et de leur balisage vient essentiellement de ce que j'ai pu marcher dans les parcs provinciaux et nationaux du Canada. Rien à voir, je le constate, avec ce qui existe dans les Agriates. J'ai donc révisé ma conception de la randonnée ici. Les prochaines seront certainement plus sereines, maintenant que je sais un peu mieux à quoi m'attendre.

Le 27 mai, on se trouvait à Trave, au beau milieu des Agriates. Geneviève vous en a parlé sans nommer l'endroit, c'est celui où on s'est arrêté pour manger avec Gérard et Évelyne, pensant qu'on était arrivé à Guignu. J'ai profité de l'arrêt pour dessiner un peu et noter quelques impressions dans mon carnet. En fait, j'ai surtout mis des mots sur le sentiment de vulnérabilité qui me serrait les tripes et bouffait toute mon énergie à ce moment-là. Le lendemain, c'est une fois que j'ai commencé à marcher avec nos bâtons trouvés sur la plage que j'ai commencé à me sentir mieux. Les bâtons permettent de répartir autrement la charge transportée. Conséquemment, ça pesait moins fort sur mon genou fragile. Conséquemment, j'avais plus confiance en moi. Conséquemment, je trouvais le chemin beaucoup plus agréable. Conséquemment, j'étais nettement plus de bonne humeur. Conséquemment, j'ai changé de rythme et j'avais beaucoup plus de fun. La mer, ce matin-là, était moins calme et le ciel moins bleu, mais le petit vent était bien agréable. Les flans plus dégarnis des montagnes avaient quelque chose d'intéressant, ce n'était pas le même vert que la veille. la chaleur torride est revenue en après-midi, pendant qu'on commençait à grimper vers l'intérieur des terres pour rejoindre l'Ostriconi. La Corse, c'est ça aussi...

On repart bientôt en randonnée. On apporte nos bâtons trouvés sur une plage dans le Agriates. On a un topoguide du lieu (livre contenant à la fois des portions de cartes topographiques récentes et des indications sur le chemin à suivre) et on sait certainement mieux à quoi s'attendre que la fois précédente. J'ai déjà étudié les courbes de niveau et je peux vous dire d'avancer que ça va grimper ! (C'est pas pour rien que ça s'appelle Mare e monti, ce qui signifie "Mer et montagne"...) Ça devrait aussi être magnifique. Sachant que les étapes sont longues et que les sentiers sont ardus, on se prévoit au moins 2 jours d'arrêt et de repos pour profiter de certains lieux. On fera donc les 10 jours en 12, mais je pense que c'est pour le mieux. On va probablement apprécier beaucoup plus...

Aimée

Plages, montagnes et.. vaches! (G)

Nous avons planifié une randonnée de trois jours dans les Agriates, aussi appelées désert des Agriates. Ce n’est pas un désert au sens où on l’entend normalement. C’est une zone peu habitée peuplée de plantes (le maquis) et d’animaux et traversée par plusieurs cours d’eau. Le sentier s’appelle Sentier du littoral ou Sentier des douaniers parce qu’à une certaine époque, des douaniers le parcouraient pour surveiller la côte. Le sentier, long d’environ quarante kilomètres, se parcourt en trois jours. Il relie Saint-Florent au camping de Saleccia en 5h30, Saleccia au gîte de Ghignu en 2h30 et Ghignu à l’Ostriconi en 6h30. Je vous mets une carte.

Naïvement, on s’est dit « Bah! Un sentier qui suit la côte, il ne doit pas y avoir trop de dénivelé. Et il dure seulement trois jours. C’est petit entraînement pour la randonnée qu’on souhaite faire plus tard… » Le trajet comportait tout de même plus de difficultés que prévu!

Jour 1 : Saint-Florent – Saleccia
Temps prévu : 5h30

Mercredi matin, départ pour notre première randonnée à 8 :15. Le sentier part doucement en longeant la mer, comme prévu. Il est balisé par des pancartes « chemin ». On suit les moindres criques, les moindres pointes. C’est vraiment joli. On passe entre les buissons en fleurs. Régulièrement, de petits lézards comme celui-ci nous passent entre les pattes! La mer est magnifique!




Il fait chaud, mais on s’arrête régulièrement pour boire, grignoter.

Puis, on arrive à notre premier obstacle : une rivière avec, de l’autre côté, des vaches!J’avais lu qu’il y avait parfois des vaches qui se reposaient paresseusement sur la plage, mais je croyais que c’était un mythe pour faire rêver les touristes. Je ne pensais pas en voir pour vrai! Elles sont laissées en liberté dans le maquis et les éleveurs viennent chercher les veaux régulièrement pour les abattre. Sauf que, là où il y a des vaches, il y a des taureaux!! Et ceux-ci peuvent être dangereux… Mais ceux-là, vaches ou taureaux? Pas toujours si évident à voir, surtout quand ils sont couchés… Aimée est craintive, moi pas tellement. On s’installe, on enlève nos souliers, nos bas, on roule nos pantalons et on traverse la rivière avec de l’eau à mi-cuisse. On passe loin des vaches et elles nous regardent passer bien tranquilles. On traverse un autre cours d’eau de la même façon.

Puis, on arrive à un passage sportif. Ce n’est plus de la randonnée, mais de l’escalade! Le sentier, qui n’en est plus vraiment un, passe sur les rochers au bord de la mer, à une dizaine de mètres de hauteur. Il faut utiliser les mains pour se tenir et conserver notre équilibre. Sans nos gros sacs à dos, ça aurait été amusant, mais là, c’est tout de même un peu inquiétant. Moi, je suis surprise de mon agilité avec le monstre que j’ai sur le dos. Aimée a peur. Je l’aide du mieux que je peux et on arrive finalement à l’autre bout avec l’impression d’avoir risqué de se casser un ou plusieurs os…

On arrive ensuite à la plage du Lotu. Oups, là il y a plusieurs vaches et clairement des taureaux! On rencontre une fille qu’un taureau a chargée quelques minutes plus tôt. On décide dont de se déchausser encore une fois et de passer dans l’eau, par précaution.




On est presque arrivées au camping quand on arrive devant une grande flaque brune dont on ne voit ni le bout ni le fond et qui sent la bouse de vaches… Mais bon, il faut ce qui faut, alors je me déchausse encore une fois, je prends mon sac à dos sur ma tête et je traverse! Aimée n’aime pas vraiment cette traversée…


On arrive au camping de Saleccia fourbues à 15h15, 7 heures après notre départ. On est épuisées! Mauvaise surprise : l’épicerie sur laquelle on comptait pour s’approvisionner est fermée à cette époque de l’année… On soupera et déjeunera donc au resto du camping et le propriétaire nous préparera un peu de nourriture pour le lendemain midi. Pour le reste, on en a assez pour se débrouiller : salade en canne, petits pains, biscuits, barres tendres… Tous les muscles de mon corps me font souffrir. On va s’installer et on fait une sieste! De toute façon, le souper n’est servi qu’à 20h…

Le souper est vraiment plaisant. On est installées à une grande table avec deux couples d’Allemands et un couple de Bretons. Ces derniers font le même itinéraire que nous et nous proposent de faire route commune le lendemain, ce que nous acceptons. C’est mon premier repas de partage entre voyageurs comme ça et je l’apprécie vraiment! Le propriétire nous sert une salade de tomates et d’œufs durs avec une assiette de charcuteries et des olives. Quand on a tous bien assez mangé, il nous amène le vrai plat principal : des pâtes au bœuf! On se force à manger encore un peu et qu’est-ce qui suit? Une assiette de fromages avec des pommes et de la confiture d’arbouses (un petit fruit local). Ouf! C’est excellent, mais c’est beaucoup trop!

Jour 2 : Saleccia – Ghignu
Temps prévu : 2h30

Nous partons donc avec Évelyne et Gérard vers 10h30. Le chemin passe incroyablement vite en leur compagnie et après deux heures, on arrive déjà à une plage avec un pailler (maison qui servait autre fois aux bergers et qui a été restaurée à Ghignu pour faire un gîte). On dîne tranquillement. Ensuite, je vais me baigner et prendre quelques photos.









Puis, on réalise qu’on n’est pas au bon endroit, alors on repart. 45 minutes plus tard, après un passage à marcher dans le sable que je trouve très difficile, on arrive aux paillers vraiment restaurés! Aimée et moi préférons monter la tente pour moins cher. On ne le regrettera pas, car ça nous sauve des mouches et des maringouins! Au coucher du soleil, je prends quelques photos. La première, c’est du fenouil! Il y en avait tout le long de notre chemin! L’autre montre le décor de notre deuxième journée de randonnée.


Jour 3 : Ghignu – Ostriconi
Temps prévu : 6h30

On part à 8h30 le matin. On fait encore le chemin avec Évelyne et Gérard. Un détour pour éviter un troupeau de vaches nous permet de nous trouver des bâtons de marche qui nos aideront beaucoup. En fait, ils redonnent le sourire à Aimée et ont sur elle un effet magique! On en a bien besoin d’ailleurs de ce petit coup de pouce, car la journée est longue et éprouvante. Il y a beaucoup de passages en sable où je m’enlise et où chaque pas est pénible. En plus, ça grimpe! On passe entre les montagnes… On s’amuse à observer le mode de vie des bousiers, vous savez, ces insectes qui ramassent la bouse des vaches et des chevaux et en font de belles boules qu’ils roulent… Passionnant!

La fin est pénible. On a hâte d’arriver et on n’apprécie plus tellement. On a mal partout et chaque pas est difficile! Quand on arrive enfin au camping,7h plus tard, je m’écrase par terre et je ne bouge pas de là jusqu’à ce que Jickye (qui a gentiment proposé de venir nous chercher!) arrive!

Geneviève

samedi 29 mai 2010

Bastia et Saint-Florent (G)

Bastia et Saint-Florent étaient deux étapes sur notre route vers les Agriates. Si vous observez la carte, vous verrez que passer par Bastia était un détour, mais c’est qu’il n’y avait pas d’autobus direct entre l’Ile Rousse et Saint-Florent.

Bus ou train ?

Noté dans mon journal de bord : « On devait prendre le bus pour Bastia ce matin, mais le bus du mardi passait avec l’horaire du lundi (donc 45 minutes plus tôt), parce que lundi était un jour férié, alors on est allées prendre le train, mais le train était un bus pour une partie du trajet parce que les wagons de train étaient trop vieux et qu’ils n’ont pas encore reçu les nouveaux. » Ça dit tout sur cette première étape de voyage !



Une gang de Québécois à Bastia

À Bastia, on devait retrouver Marianne, une amie d’Aimée, qui y passait deux semaines avec un groupe pour un projet de fin de CÉGEP. Midi, heure du rendez-vous. Aucune trace de Marianne. Midi et quart, Aimée aperçoit un groupe de touristes pas comme les autres. Ils ont une caméra et ne semblent pas flâner sur la grande place. Elle croit entendre un accent québécois. Elle s’essaie. « Êtes-vous du CÉGEP St-Laurent ? » Hé oui ! Ils connaissent bien Marianne, mais ne savent pas où elle est. Midi trente, on comprend notre erreur de numéro de téléphone cellulaire et Aimée réussit finalement à lui parler ! Je la vois courir joyeusement jusqu’à l’autre bout de la place ! On va rejoindre son groupe et on se retrouve, huit Québécoises sur une terrasse de la citadelle qui surplombe la mer. Quelle vue ! L’une des filles commande une pizza « Reine ». La serveuse doit encore rire de l’accent ! Aimée et moi goûtons un Mouss’Or, soda qu’on trouve uniquement en Corse, selon la serveuse. C’est une boisson gazeuse aux pommes et au caramel.






Paysage de rêve

Après avoir avalé un énoooorme sandwich aux fromages corses et aux charcuteries corses dans un parc, on prend l’autobus pour Saint-Florent. Embouteillages dans la « banlieue ». Puis, l’autobus prend un chemin sur la droite et monte dans la montagne. Et là, je reste la bouche ouverte durant près d’une demi-heure. Je me sens comme ma mère qui s’extasiait à chaque tournant de la route dans les Rocheuses il y a quelques années. La route serpente à flanc de montagne, à peu près à mi-hauteur. Le vert s’étale vers le haut, vers le bas et partout autour. La lumière du soleil couchant est sublime. Je me sens dans un décor digne de Jamie (les initié(e)s comprendront). Aimée me confirme que ça ressemble un peu aux Highlands par endroits. Wow ! Je referais ce trajet de bus n’importe quand !

Cœur de pirate

Dans ce bus justement, la radio joue Cœur de Pirate. Je pense à Marianne qui l’aimait beaucoup. Puis… « Tes cris défoncent les murs, de notre appartement » Souvenir de Mel et Rose et de leur analyse de cette chanson !

Crème glacée

On arrive au camping. On s’installe sous ce qu’on apprendra plus tard être un eucalyptus. Puis, on se permet un spécial crème glacé et on va la manger sur la plage avant que le soleil se couche… On voit Saint-Florent au loin.



Geneviève

lundi 24 mai 2010

Vers les Agriates

Dans la V'limeuse, Carl ou Dominique parle de l'enracinement qui se crée facilement dans un lieu, comment il est facile de se laisser accrocher, de se poser à un endroit, de devenir sédentaire. La même personne parle aussi de l'énergie nouvelle qui se manifeste à partir du moment où la décision de partir est prise. C'est ainsi que je me sens...

Départ pour notre première randonnée corse demain. Désert des Agriates. De retour à l'Ile Rousse dans 4 jours si tout va comme prévu.

Geneviève

... à sédentaires! (G)

Nous voilà donc posées en Corse, à l'Ile Rousse depuis le 21 mai. Après cinq jours à se trimbaler d'en endroit à l'autre, ça fait du bien de pouvoir rester immobiles un peu, se reposer, écrire, planifier la suite du voyage. En fait, hier, je ne suis même pas sortie de l'appartement et je suis restée en pyjama!

Je vous ai préparé quelques photos...


Vue du chemin que l'on prend pour aller vers le village.


Voici donc l'Ile Rousse au coucher du soleil. La photo a été prise depuis une des îles qui se dressent dans la mer devant la ville.




Voilà Aimée, alias la chèvre, qui dit bonjour du haut de son perchoir!



La montagne au loin, tout illuminée par le soleil couchant... Maman, est-ce que c'est une vraie montagne même si on ne voit pas de neige dessus? ;)








Coucher de soleil.

Geneviève

dimanche 23 mai 2010

De nomades...

Je peux enfin avoir l'ordinateur pour pouvoir écrire!! Ah j'exagère! Je l'ai eu tout l'après-midi (pendant qu'Aimée est allée regarder des plantes!), mais je l'ai utilisé pour planifié nos prochaines randonnées en Corse. Juste la planification, c'est toute une aventure!!! Le système de transport en commun n'est pas du tout unifié, les informations sont difficiles à trouver, souvent contradictoires. Pour touver de l'information sur le transport et les gîtes, j'avais deux guides, une brochure et Internet à ma disposition. J'ai consulté les sites de plus de dix compagnies de transport. Pourtant, il me manque encore beaucoup d'information! Faudra soit me résigner à téléphoner un peu partout, soit partir avec des points d'interrogation sur nos papiers (ce que je dois apprendre à faire même si ce n'est pas facile pour moi).

Donc, à mon tour d'écrire mes Fragments sur cette première portion de voyage.

Pour en finir avec le fameux clavier AZERTY!
Je devine que plusieurs d'entre vous n'ont rien compris à nos histoires d'AZERTY et de QWERTY... Moi aussi j'avais des points d'interrogation dans le visage la première fois qu'Aimée a utilisé ces expressions. Pourtant, j'avais déjà expérimenté ce phénomène au Sénégal. C'est qu'en Europe (au Sénégal aussi), le clavier utilisé est différent. Si vous regardez votre clavier, les six premières lettres en haut à gauche sont les lettres Q-W-E-R-T-Y. Eh bien sur les claviers ici, ces six lettres sont les suivantes: A-Z-E-R-T-Y, d'où les acronymes que vous avez vus. Essayez de taper sur un clavier différent de celui que vous avez l'habitude d'utiliser! C'est assez pénible! On a beau regarder le clavier et se concentrer, les automatismes reviennent assez vite. Aimée nous a réglé le problème en changeant la configuration de l'ordinateur. Il faut donc taper sans trop regarder le clavier...

Le transport
Entre le 16 et le 21 mai, on a fait
-6h30 d'avion Montréal-Paris
-30 min de bus Orly-Villejuif (banlieue de Paris)
-3 trajets de métro
-6h de train (Paris-Nice)
-45 min de bus (Nice-Sclos)
-45 min de bus (Sclos-Nice)
-5h de traversier (Nice-Ile Rousse)
-De nombreuses heures de marche, trop pour que je puisse compter!

Donc, en transport sans compter la marche et le temps d'attente, plus de 20 heures. Ma mère me demandait au téléphone : «Vous ne devez pas avoir le temps de vous ennuyer!» Eh bien, oui et non. Avant d'arriver à l'Ile Rousse, on était toujours en déplacement, toujours en train de faire quelque chose. Dans les déplacements, j'aime beaucoup regarder le paysage qui défile, en profiter pour voir des régions qu'on ne pourra pas explorer cette fois. Je lis, j'écris, j'écoute de la musique, on joue aux jeux qu'on a emportés avec nous (Boggle et Yum). Quand même, après 4h, je commence à avoir hâte d'arriver!! Quoique... L'arrivée dans une ville étrangère est souvent le moment le plus stressant, surtout quand on a quelque chose de prévu peu de temps après. On n'a aucun repère on ne sait pas où on va... C'est toujours un peu stressant!

Nice
L'arrivée a Nice fait partie de ces arrivées stressantes et désagréables. Il fallait trouver rapidement la gare routière pour pouvoir prendre un bus pour Sclos-de-Compte où on avait réservé dans un camping. On part du mauvais côté, on marche dans les rues bordées de magasins chics, les rues bondées de gens pressés. Il fait chaud. La circulation est dense et indisciplinée (les piétons encore plus!). Je n'aime pas les foules, je n'aime pas la chaleur, je n'aime pas ne pas être en contrôle d'une situation... bref, je n'ai pas aimé ce moment! Finalement, on a trouvé la gare et un horaire d'autobus qu'on a eu beaucoup de mal à comprendre!

Sclos-de-Compte
Drôle de nom, direz-vous! On est parties de Nice en autobus entre les montagnes. Au milieu du trajet, l'autobus s'est mis à grimper dans la montagne, sur une route en lacet. Dans ces virages à 180 degrés, l'autobus devait souvent donner du klaxon et reculer pour pouvoir passer. Dépaysant! Je vous met un exemple de google maps pour illustrer ce que je veux dire par route en lacets. Elle ne rend pas le dénivelé par contre, mais si la route a cette forme, c'est parce que ça grimpe!




On y a donc trouvé notre camping où on s'est installées. Le lendemain, on a marché jusqu'à L'Escarène, joli village dont Aimée a déjà mis une photo. Je mettrai donc une photo de la route sur laquelle on est passées (voir la ligne rouge). J'ai beaucoup aimé marcher tranquillement en prenant le temps de m'arrêter pour écouter, sentir, observer...





Exportation québécoise
Puis finalement, après un retour à Nice et une nuit en auberge de jeunesse, nous avons pris le traversier pour la Corse. J'avais bien hâte de me retrouver en mer. Mais bon... la mer, sur cet énorme bateau jaune était finalement bien loin! On est entrées dans la bateau et on s'est installées par terre, quelque part au quatrième étage (sur 11). On a mangé, Aimée a dormi un peu, on a joué au Yum... Tout à coup, j'ai entendu une musique incongrue. La-la-la la la la-la-la-la-la-la... Mais voyons! À moins que ce soit la musique qui joue à la radio, mais pourtant je ne savais pas que cette chanson avait servi à autre chose qu'à cette émission... Je m'étire le coup et je vois... Non! Qu'est-ce qui passait à l'écran sur TV5 Monde? La petite vie!!! L'épisode où Caro devient célèbre avec son rap des tarés (et où son frère Rod bégaie de façon pas crédible du tout!). Mais c'est pas le meilleur... L'émission était sous-titrée en français... de France! En voici quelques exemples:
-Tannée = Saoulée
-Cibolaque! ou baptême! = bon sang!
-Mr Net = Mr Propre
-Moumoune = homo
-Ça a pas d'allure = Ça ressemble à rien
-Niaisage = bêtises
-Mon écoeurante = Espèce de saloperie
-Magannée = Dévastée
-«Gerlot» = Taré
-Un méchant taré = méchamment taré
Nous voilà donc toutes les deux asises devant une télévision, dans un traversier où tout le personnel parle italien entre la France et la Corse à écouter une émission culte québécoise sous-titrée en français... de France. Quels hasards parfois! On devait être les deux seules à en rire et les gens qui passaient devaient nous trouver bien étranges!
Geneviève

Corsicus

Ce que je ne vous ai pas encore dit sur la traversée de vendredi, c'est qu'on a vu un petit groupe de dauphins qui s'amusaient dans les vagues créées par le bateau (parlant du bateau, c'était énorme... un monstre de bateau...) ! De petites nageoires dorsales et de jolis dos gris argenté qui roulaient dans les vagues...

Geneviève vous entretiendra avec plaisir de ce qu'on a vu sur les écrans de télé dans le navire (ha ha ha !).

Le Mega Smeralda est d'une taille totalement démesurée par rapport au port de l'Île Rousse. Geneviève a passé la réflexion que ça doit sérieusement abîmer le fond.

L'eau de la Méditerranée, ici et en milieu de journée, est d'un bleu turquoise par endroits et d'un bleu plus sombre à d'autres. L'effet est assez saisissant, même si on a plus tôt vu des photos. Le soir, les rayons du soleil glissent sur l'eau au lieu d'y plonger. Ils en rendent la surface de la portion ouest toute dorée, et le reste gris argenté. Exigez que Geneviève mette quelques photos en ligne ;)

Notre amie et hôte ici est d'une grande générosité à notre égard. Nous sommes confortablement installées dans un lotissement qui jouxte la ville de l'Île Rousse. Ce sera notre "chez nous" ici et notre point de départ pour les randonnées...

D'après le Topoguide de la Corse, l'île est la 3e plus grande de la Méditerranée et sans conteste la plus montagneuse. La ville de l'Île Rousse compte environ 2850 habitants (Routard de 2009). La petite ville, qui s'étend essentiellement le long de la mer, est située sur la côte nord-ouest de la Corse, dans la Balagne (ou "pays de Balagne"...). Les plus grosses villes de la Corse semblent être Ajaccio et Bastia. Corte, qui a entre deux et trois fois la population de l'Île Rousse, a une université. La poluation de Corte est consituée aux deux tiers d'étudiants (encore d'après le Routard).

Depuis notre arrivée en Corse, on a vu un bel oiseau de proie, qui pourrait bien être un faucon. Il volait très bas. On a bien vu son corps brun et ses taches blanches, sur la tête et le dessous des ailes. Sur des petites îles qui ont été reliées ensemble au 19e siècle, près du port, j'ai vu une sorte de corneille à dos gris (ça doit avoir un nom, mais je ne le connais pas) et quelques goélands (pas vus assez longtemps pour dire quelle sorte). Sur les mêmes îles, j'ai grimpé sur les rochers. Ce ne sont pas les mêmes que sur la plage devant la ville. Ceux de la plage étaient assez sombres et très durs, à peu près pas effrités. Ils avaient une allure de roche volcanique. Ceux des îles près du port avaient plutôt l'air de roches métamorphiques*. La roche était très dure et plutôt rousse, avec beaucoup de cristaux dont bon nombre se détachaient, rendant glissantes les montées et les descentes quand les semelles roulaient dessus. J'ai noté dans mon carnet qu'une mousse d'un jaune ocre presque doré poussait dessus. La lumière du soleil couchant faisait ressortir les ombres légères et le relief, alors que la roche lui servait d'écrin. Un petit bijou de mousse, vraiment.

La roche située près de l'eau (celle qui a donc été polie par les vagues), lorsqu'on l'isole du reste du paysage, rappelle les Badlands de l'Alberta. En marchant dessus et en me rapprochant du bord de l'eau, j'ai aperçu une petite chose rouge accrochée sur le revers d'un pan de roc qui trempait dans l'eau. Je me suis approchée du bord de l'eau, pris un drôle de position pour pouvoir y jeter un meilleur coup d'oeil, et c'est là que la bouteille d'eau qui se trouvait dans la pochette en filet sur le côté de mon sac a glissé, s'est évadée, a roulé sur la roche bien en pente et s'en est allée flotter dans les vague et commencer à s'éloigner du bord, lentement, mais sûrement. Impossible de l'atteindre avec mes mains, à partir du bord. 2 secondes pour réfléchir, le reste pour enlever mes bottes de marche, mes bas de laine et marcher vers la dite bouteille qui continuait à s'éloigner. L'eau descendait vite et le fond, tapissé d'algues et de petits coquillages durs, était glissant. J'avais de l'eau jusqu'à l'aine quand j'ai rattrapé la bouteille, à environ un mètre du bord. Ce fut ma première vraie saucette dans la Méditerranée. C'était étonnament chaud. J'y avais volontairement mis les pieds en après-midi, mais c'était très froid au début, et juste les pieds, ça ne compte pas. Jickye m'a dit que les petites choses rouges que j'avais supposé être des anémones s'appellent "tomates", ou "anémones tomates". Google m'apprend que la bestiole qui m'a inopinément fait faire ma première saucette ici s'appelle aussi actinia equina, en latin. J'irai sûrement la revoir, parce qu'elle m'intrigue, mais j'attacherai la gourde plus serré au préalable...

Cet après-midi, j'ai marché dans le Parc de Saleccia avec Jickye. J'ai fait connaissance avec plusieurs espèces de végétaux, dont beaucoup d'arbustes, beaucoup de fleurs et quelques arbres. Ça sentait bon... Promenade bien agréable, ponctuée par les courses de petits lézards dont Jickye m'a dit qu'ils sont corsicus. Mes premiers lézards.


Aimée

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Roche_m%C3%A9tamorphique