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samedi 10 juillet 2010

14 kilomètres

Dans le détroit de Gibraltar, 14 kilomètres séparent l'Espagne et le Maroc, l'Europe et l'Afrique.

Le dernier soir à Tarifa, on s'est installées sur une place pour regarder les lumières marocaines à l'horizon. On était fascinées de se dire qu'on y serait le lendemain. Comme dans une chanson de Jean-François Lessard: ''L'Occident rêve d'une plage, de chameaux d'épices et d'enfants''... De ce côté du détroit, c'est un peu ça qu'on a dans la tête...

Puis, on passe de l'aute côté du détroit, de l'autre côté du miroir. Environ une heure et le bateau nous débarque dans une autre ville. De loin, pas tellement de différence. Peut-être un peu plus gris.

Quelques heures plus tard, nous sommes installées sur les ''tombeaux phéniciens'', d'anciennes ouvertures dans la roche qui sont maintenant remplies de déchets. C'est un endroit tranquille avec une vue qui embrase le détroit jusqu'en Espagne. De nombreux Marocains y sont installés aussi simplement pour regarder. Et de là, de l'autre côté du détroit, même si la vue sur la côte opposée est visuellement semblable, le ressenti est complètement différent. De la même chanson que tantôt (Mon Maroc) ''Les grands rêvent de l'Occident''. Assise là, je vois ce que contemplent les Marocains avec un mélange d'envie et de frustration. Je les vois regarder les bateaux passer d'un côté à l'autre. De l'autre côté, c'est la promesse d'un monde meilleur, grandement idéalisé, inaccessible. Et voilà que nous on a traversé tranquillement en bateau, mine de rien, et qu'on vient les observer, eux et leurs paysages et monuments pour quelques semaines. Pour nous, voir l'Espagne, c'est rassurant, ça nous rappelle qu'on retrouvera l'Occident dans peu de temps. Pour eux, c'est un mirage.

14 kilomètres d'eau, de vagues, de vent...
Tellement proche, et tellement loin à la fois...

Geneviève

vendredi 18 juin 2010

Où est-ce qu'on va après?

On profite de notre dernière semaine à l'Ile Rousse pour planifier la suite de notre voyage. Pour la Corse, on avait très peu planifié, sachant qu'on avait ici un appartement, une connexion Internet et du temps. On savait qu'on allait en Corse et qu'on voulait faire de la randonnée... C'était à peu près ça! Sauf que pour la suite du voyage, on aura accès à Internet moins facilement (surtout moins gratuitement!).

Cette semaine, on s'est donc plongées dans la lecture du Routard du Maroc et de l'Andalousie. L'une après l'autre, on est passées au travers ces deux livres, puis on a sorti une carte et on s'est tracé un itinéraire. Ensuite, on a comparé. Beaucoup de choses en commun, mais pas tout, évidemment! Je concède à Aimée quelques villes: Madrid, Cordoue, Rabat, Salé, mais pas Casablanca! Elle accepte le musée des caravelles auquel je tiens beaucoup et les dunes de Merzouga.

Maintenant, on met nos deux cartes devant nous et on essaie de voir ce que ça donne en temps. Oups! Ça ne rentrera jamais, surtout si on veut rentrer en France en avance pour rendre visite à Anaïs à Lyons, voir Tancrède avant le 7 août, faire un tour en Bretagne et visiter Paris! De nos trois longs mois, les deux qui restent semblent tout à coup bien courts pour tout ce qu'on voudrait faire et voir!

Alors, on repense à ce qu'Aimée à écrit dans les premiers posts, l'Éloge de la lenteur. Elle disait qu'on partait longtemps pour voir plus qualitativement et non pas quantitativement. Je crois qu'il faudra se remettre ça dans la tête sinon nos deux prochains mois seront un marathon et on reviendra à Montréal complètement épuisées! Il faudrait donc couper dans ce qu'on a prévu. Mais quoi? On regarde nos cartes et chaque tentative est crève-coeur!

On verra bien sur place!

Geneviève